août 13, 2018

Avec toute l’euphorie qu’il y a eu sur les réseaux sociaux avant sa sortie en salle, Ready Player One était sans aucun doute l’un des films les plus attendu de cette année 2018. J’étais alors restée perplexe et très prudente. J’étais même prête à le boycotter afin de ne pas me laisser influencé du succès lancé avant l’heure par les médias, les critiques Youtubeurs et les fans du réalisateur. Pourtant il y avait tout pour me plaire. L’univers du film : le cinéma et les jeux vidéos. Ainsi que son réalisateur Steven Spielberg, même s’il est vrai que ses quelques derniers films n’avaient pas su me toucher. Néanmoins avec cette nouvelle aventure, je voulais vraiment y croire. Ayant joué aux jeux vidéos pendant 9 ans, j’étais impatiente de voir comment Spielberg allait nous embarquer dans ce monde complexe et souvent pointait du doigt par ceux qui ne jouent pas. Malheureusement l’espoir et la magie ne fonctionnèrent pas une nouvelle fois chez moi.

Pour résumer, nous sommes en 2045, dans un monde cahotique. Nous entrons dans la vie d’un jeune garçon, appelé Wade, qui nous témoigne de comment sa vie est arrivée là. Malgré son jeune âge, il semble déjà avoir survécu à tout : la guerre, la famine, la pauvreté et la perte de ses parents. Il est alors adopté par sa tante qui est marié avec un mec pas correcte avec eux. Le seul moyen de s’évader de cette vie misérable est de s’abandonner dans ce jeu virtuel appelé : l’OASIS, et qui a été créé par le regretté James Halliday.

Installée dans mon fauteuil quelque part dans une salle de cinéma près de chez moi, j’attends sagement que le film commence. Et à mon grand étonnement, j’aime les première minutes du film. Une nouvelle fois Spielberg arrive à nous amener dans un monde en voix d’intinction. Je souris. Je suis bien. Je sens même Spielberg regagner ma sympathie jusqu’à ce que tout bascule. En effet, lorsque nous approchons à rentrer dans le monde virtuel, j’ai comme une envie de rire. Et me dis « c’est donc ainsi que l’on allume une console en 2045 ? En marchant sur un tapis électrique et accroché à des files comme une marionnette ? » Désolée Spielberg mais je t’ai connu bien mieux dans ton imagination, même en voulant respecter un roman. En effet, Ready Player One est un roman à la base et l’auteur rend hommage à ce qu’il a fait vibrer durant son enfance et évoque souvent Spielberg dans ses références de la culture cinématographique. Cependant Spielberg a une certaine modestie et a préféré rendre hommage à ses amis disparus, ce qui est tout à son honneur mais qui pour ma part sera une grosse erreur de l’équipe du film d’avoir choisi Spielberg. Il aurait pu être simplement producteur et laisser sa place à quelqu’un d’autre pour respecter au mieux les références du livre. Ce n’est peut être qu’un détail mais un détail qui me gênera pendant une grande partie du film. Je me sens même déjà ailleurs comme si la partie était déjà terminée pour moi.

Cependant j’ai envie d’y croire. Je m’accroche à mon fauteuil. Et j’attends de voir ce que la suite va donner. La console donc allumée. Wade enfile son casque qui ressemble à un Playstation VR. Une manière de nous amener directement dans son monde virtuel. Ici il ne s’appelle pas Wade mais Parzival et a des amis super cools. Ils s’appellent Ash, Daïto, Cho et Artermis (avec le E à l’envers pour faire plus cool). Ils sont représentés par un avatar créé par les joueurs. Ils ne se connaissent pas dans la vraie vie. Ils jouent juste ensemble aux jeux vidéos sur internet. Là aussi, je ne peux m’empêcher de rire car je trouve les avatars d’un ancien temps. Leurs visages n’ont aucune émotion et me font trop pensé à Arthur et Les Minimoys (une franchise de film réalisé par Luc Besson).

Parzival avec sa voix off nous décrit son univers et nous explique les règles du jeu vidéo. Le bute est de gagner des quêtes en ramassant des points, de l’argent pour acheter des armes, des pouvoirs et les incruster à leurs personnages pour qu’ils s’améliorent au file de l’aventure. Et lorsque les joueurs perdent leur partie, ils recommencent tout. Comme lui qui refait des courses de voitures pour  récupérer l’argent que perdent les joueurs lorsqu’ils se font éjecter de la piste. Du moins, ça c’était le jeu ordinaire, jusqu’à ce que James Hallyday avant sa disparition lance la quête des 3 clés. La récompense : être le nouveau héritier de l’OASIS. Et c’est ce qui va obséder Parzival.

Plus le film se déroule sous mes yeux, plus je décroche. Tout se passe très vite. Les références sont faites d’une manière si grotesques que j’en pleure au fond de moi. Autant par des références du cinéma que du jeux vidéos. En particulier dans le générique où par exemple, ne sachant pas trop comment représenté Minecraft, ils ont juste fait défiler le titre du jeu vidéo. Je suis outrée ! Et la suite ne va pas s’améliorer. Je vais même jusqu’à me demander si nous sommes bien en 2045 ou pas dans ce film ? Où est la nouvelle technologie comme la 4K ? Ca aurait dû être beau et se confondre avec la réalité dans les paysages. Je ne sais pas de quelle nostalgie ils parlent mais pas de la mienne en tout cas. Pas pour les gameurs d’aujourd’hui non plus puisque nous connaissons tout ça et nous y jouons encore. Les films également. Entre les remakes et les suites de films, comment pouvons nous être impressionnés par leur culture ? Je suis dans un naufrage. Je ne comprends rien. J’ai envie de me de réveiller de ce cauchemar.

A la fin du long métrage, je sors énervée. Je me suis même demandée si finalement internet était pire que les journaux télévisés ou la presse pour faire la promotion d’un film en vendant du rêve car je voyais rien de tout ce que j’avais pu lire. Je suis frustrée. J’ai même l’impression d’avoir perdu le vrai Spielberg pour son côté visionnaire et de son imagination pour la science fiction. J’ai comme cette impression qu’il est devenu l’ombre de lui même. Je suis rentrée chez moi. Il fallait que je me pose et que je comprenne ce que je venais de voir. Que je prenne du recule. Que je laisse passer toute cette folie qu’il y a sur les réseaux sociaux autour du film, jusqu’à la sortie du bluray, dvd s’il le faut. Et que je le regarde à nouveau dans un moment bien plus calme et après que toute cette folie soit passée.

Reçu en version Steelbook le jour de sa sortie, le recul a-t-il été payant ? Pour être honnête, je dirai que la réponse reste mitigée. Les critiques négatives que je porte sur sa réalisation, reste les mêmes, même si j’ai cependant plus apprécier le fond parce que même si cela en dérange plus d’un, un gamer c’est exactement ce que décrit Spielberg dans ce film. Nous sommes éteins et nous nous abandonnons complètement pour terminer un jeu. C’est la raison pour laquelle j’ai fini par décrocher parce que je voyais en rien de quoi cela pouvait m’apporter, si ce n’est de m’écarter du monde réel et de m’enfermer dans une bulle. Encore faut il s’en rendre compte pour se sauver. Puis je crois bien, que Spielberg se confie un peu pour la première fois de sa vie dans un film à travers le personnage James Halliday. On sent qu’il commence à se rendre compte du temps qui passe, sans doute en voyant de plus en plus ses amis du métier disparaitre et que ça lui fait peur. Le passage sans doute le plus émouvant du film. Pourtant, c’est à croire que cela à déranger plus d’un de le voir tel un humain qui se pose des questions sur la solitude et la mort. J’étais tellement été déçue par le film lors de son premier visionnage que je n’y avais pas songé.

Dans une critique l’utilisation des mots est extrêmement importante et j’ai comme l’impression que la plupart des critiques sont bien trompés sur les termes qu’ils ont employés. La nostalgie dans ce film n’y est pas. Pas pour nous en tout cas. Et pas pour nos enfants parce qu’ils la vive avec nous. Mais plus pour les enfants de nos enfants. Une nostalgie précoce donc. Comme si nous cherchons encore et toujours à accélérer le temps et que nous laissions pas le temps à nos enfants de grandir et de vivre de leur époque. J’ai personnellement arrêter d’être de ceux qui se demandent si c’tait mieux avant ? Je crois que c’est surtout que l’on oublie très vite la manière dont nous vivions. et que chaque époque à ses chefs d’œuvre et ses navets. Autant dans les jeux vidéos que dans le cinéma.

Ce film est un bon divertissement mais rien d’exceptionnel et je ne suis pas sur que c’est ce film qui donnera à des futurs cinéphiles de découvrir ce qu’il a fait dans sa carrière. Regardez Rencontre Du Troisième Type, A.I Intelligence Artificiel ou bien encore Minority Report et vous verrez bien par vous mêmes. Un bon film mais rien d’exceptionnel.

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