juillet 04, 2018

Il est parfois frustrant de ne pas pouvoir parler d’un film qu’on a pourtant vraiment aimé sur le moment mais qu’on a aussitôt oublié. Hier (bien que ce n’était pas vraiment prévu au programme) avec ma meilleur amie on voulait voir le film Love, Simon mais la salle rencontrait un problème technique alors la projection fut annulée. Nous avons donc décidé d’aller revoir le film Sans Un Bruit. Une nouvelle occasion pour voir si j’allais ressentir le même suspense, les mêmes secousses que lorsque je l’ai vu pour la première fois, après quelques jours de sa sortie en salle. Verdict.

Qu’on se le dise dès le départ, Sans Un Bruit a rencontré le même problème que Sicario La Guerre Des Cartels, où le marketing et les bandes annonces sont très mensongères. A croire que nous ne savons plus mettre les films en leur juste valeur par peur sans doute de faire un bide lors de leur sortie en salle et en pensant que les spectateurs n’aiment plus aller voir des films différents. Sans Un Bruit n’est pas un film d’horreur au sens propre mais plus un thriller psychologique, un survivor horror comme l’avait très bien précisé le youtubeur Valwho Artwork dans son vlog critique sur sa chaîne Youtube.

Dès le début du film, le réalisateur John Krasinski qui signe ici son troisième long métrage, nous plonge dans un univers de fin du monde, sans savoir ce qui s’est réellement passé et pourquoi il y a seulement que quelques survivants.

Nous faisons alors la connaissance de la famille Abbott qui nous invite à être témoin de leur survie quotidienne, où tout se tien qu’à un seul bruit. Pas facile de faire face à des monstres aveugles quand on est gosse et qu’on veut profiter de la vie à pleine dents et vivre avec les jouets de son âge, sans mettre sa vie et celle de sa famille en danger. Des questions alors se posent. Comment communiquer ? Comment ne pas se sentir coupable quand on a perdu un des siens alors que nous connaissons la situation ? Comment profiter de sa jeunesse quand on interdit des jouets qui font du bruit comme les fusées, où le dés qui roule sur le plateau du monopoly ? Comment rire, exprimer sa colère, sa souffrance quand on ne peut pas pleurer et s’exprimer ouvertement ? Il faut être sacrément inventif pour pouvoir tout ré-inventer afin de supporter cette nouvelle façon de vivre et cette situation très tendue que personne n’a voulu. Le déroulement du film est bien sur là pour répondre à toutes ces questions.

Avec ce deuxième visionnage, personnellement les peurs sont toujours restées intactes mais quant au  suspens, lui, il s’est envolé malgré le jeu des acteurs juste remarquable autant les gamins (Millicent Simmonds et Noah Jupe) que celui des adultes  interprétés par Emily Blunt (la mère) et John Krasinski (le père). On sent vraiment une vraie complicité entre les acteurs.

Pour ce qui est de la réalisation sur les monstres, certains se plaignent que les monstres quand on les voit font un peu cheap, enlève l’effet de surprise, casse l’ambiance et le rythme du film. Je ne suis pas du tout d’accord. Surtout quand on entend le détail du bruit qu’ils font. Comme s’ils tapaient sur une espèce de machine à écrire quand ils voient quelqu’un et que ça fait genre code morse quand ils communiquent entre eux. Par contre là où je suis d’accord, c’est qu’ils ne sont pas allés jusqu’au bout dans sa forme où il y a cette musique qui parfois n’aurais pas lieu d’être et plus en particulier à chaque passage de la jeune enfant sourde. Ca aurait pu donner plus d’émotion.

Quant à la photographie, elle est juste magnifique. Chaque plan est d’une beauté rare et le charisme des acteurs n’enlève rien à l’émotion dans leur jeu. C’est sans doute le premier film de genre a avoir réussi le pari qu’on pouvait mélanger photographie magnifique et film à suspens. On ressent tout. La tristesse, la colère, la peur et la joie, enfin quand il y en a un peu.

Alors si vous ne savez pas quoi aller voir au cinéma, allez y foncé ! Surtout si vous aimez les films à suspens. Je dis bien suspens et non horreur.

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