juillet 17, 2018

Parfois, les mots mettent du temps à sortir pour partager son ressenti sur une oeuvre cinématographique. La semaine dernière, je suis allée voir le film Paranoïa de Steven Soderbergh, réalisateur également de Solaris (que je n’ai pas encore vu), Trafic (le film qui m’a fait découvrir Benicio Del Toro), Ocean Eleven (que j’ai vu) et Sexe, mensonges et vidéos (que je n’ai pas vu et qui pourtant lui a valu une Palme d’or à Cannes). 

Soderbergh est le réalisateur à contre culture de sa génération. Il ne souhaite plus répondre à une machine de milliards de dollars pour réaliser ses propres films dans la liberté la plus totale, ce qui est tout à son honneur.  Avec cette oeuvre, Soderbergh a souhaité démontrer qu’avec la technologie d’aujourd’hui, et qui se démocratise de plus en plus, on peut réaliser des œuvres à part entière. Le matériel utilisé pour ce long métrage est l’Iphone (sans parler des spots de lumière et des stabilisateurs mais qu’on ne dit pas pour ne pas effrayer celui qui voudrait tenter l’aventure et parce qu’au final c’est ce qui coûte le plus cher). Soderbergh à travers ses réalisations aime les expérimentations. Cependant à force de parler de technicité, cela n’étouffe-t-il pas l’oeuvre en elle même ? Autant par son rendu final, que le scénario et l’interprétation des acteurs ?

Au début du film, nous entrons dans la vie d’une jeune femme qui après une agression essaye de tenter de revivre normalement. Nous la suivons dans son travail, dans sa vie quotidienne et ses séances de psychiatrie. Lors de ses premières séances, elle ose à peine dire ce qu’elle ressent vraiment de peur d’être jugée et d’être incomprise. Jusqu’à ce qu’une psychiatre va réussir à lui donner sa confiance en l’écoutant, mais qui comme par hasard, va la faire tomber dans un cercle vicieux en lui faisant signer des papiers qui disent qu’elle a demandé d’être enfermée dans cet hôpital pendant 7 jours. Même si le scénario n’a rien d’exceptionnel dans le fond, tout était là pour en faire un huit clos à grand suspens autant par son ambiance avec ses longs couloirs blancs étroits et ses chambres fermées que par les gens enfermés et qui travaillent. L’hôpital psychiatrie est un lieu qui a toujours su nous fasciner.

Qu’on se le dise, j’ai toujours admiré les artistes qui savent vivre avec leur époque et qui aime s’essayer aux nouvelles technologie pour leurs œuvres respectives. La technicité, les expérimentations, c’est bien, encore faut il qu’il y ait une utilité. Soderbergh voulait créer une ambiance d’angoisse mais il créait surtout une ambiance de malaise. Entre les acteurs peu convaincants et ses gros plans pour montrer ce que l’Iphone peut apporter à un montage, cela efface toute l’authenticité du film ainsi que la photographie car il n’y en n’a pas. Les scènes se succèdent les unes après les autres mais sans surprises comme si tout était déjà écrit. De plus (bien que je n’aime pas être méchante), le son on aurait dit qu’il a utilisé ceux du logiciel du montage tellement qu’il est banal. On appuie sur deux touches de piano tantôt grave tantôt aiguë pour donner un faux semblant d’angoisse et de suspens. Et certaines longueurs nous amène dans un profond ennui. Le seul personnage touchant, attachant et qui apportait des questionnements sur sa vie finit par mourir comme pour répondre au quotas (il faut tuer le noir car nous sommes dans un thriller).

Au fur et à mesure du film, on comprend que Soderbergh a voulu faire de cette oeuvre une oeuvre engagée car il dénonce dans le fond de son histoire les arnaques bien connues des assurances maladie de son pays. Les patients qui sont des clients et qu’on n’aide plus lorsque leur assurance vie n’est plus payée mais qui au final n’apporte rien au film car on ne le fait que survoler.

Je n’attendais pas grand chose de ce film car je ne l’attendais pas plus que ça mais j’aime les thriller et me suis dis pourquoi pas, même si au final, j’aurais pu le regarder tranquillement chez moi sur mon home cinéma car à vouloir filmer tout en Iphone on se retrouve avec un écran en 4:3. Franchement quand on n’a plus l’habitude de ce genre de qualité visuel, on met un certains temps à s’habituer.

Bref, un film moyen qui ne m’a pas convaincu et pas toucher.

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